Mettre en place une Webradio – 3. Matériels et logiciels

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Entrons désormais dans le vif du sujet. Rendons les choses un peu plus concret ! Le matériel nécessaire, tout comme les logiciels dépendent bien évidemment de l’envergure de votre projet, celui-ci doit être définit en amont.

Un local


Bah oui, c’est la première chose À faire. Afin d’être tranquille pour réaliser vos direct, recevoir du monde mais surtout installer votre matériel, il vous faut dédier un endroit. Si vous avez des tunes, vous pouvez louer un local… 🙂 Dans mon cas, j’ai dédié 6M^2 de mon garage pour y construire un caisson en bois, muni de parois de 6 cm d’épaisseur, avec un isolant avec du Polystyrène extrudé.

En voici le détail :


  • 598 petites vis,

  • 70 grosses vis,

  • 79 moyennes vis,

  • 18 panneaux de bois soi environ une surface de 32M^2,

  • 16 Panneaux de Polystyrène extrudé soi environ une surface de 16M^2,

  • 7 planches soi 8M^2,

  • 17 tasseaux soi une longueur linéaire de 68M,

  • une porte,

  • Une moquette épaisse de 8M^2,

  • Un mini Extincteur.


Le studio fait donc 3,5 m de long sur 1,7 m de largeur, (mesure effectuée à l’intérieur).

L’aménagement avec un système de lumière à LED, des petites chaises, une table, des étagères, des coussins, un banc-coffre, en fait un lieu très feutré, très cosy, mais surtout très fonctionnel. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons pu accueillir un maximum de 7 personnes en même temps. Heureusement que c’était en hiver, cela a permis de se tenir chaud ! 😉

Lorsqu’on est moins nombreux, un petit chauffage ventilé d’appoint permet d’offrir une température agréable. C’est plus tôt en été que ça se corse, puisque j’ai pu déjà relever près de 45 degrés au niveau du plafond du garage.

J’ai fait construire ce caisson en bois de 6 m^2, n’ayant pas la place à l’intérieur de ma maison. Mais une pièce intérieure dédiée, comme une chambre ferait tout à fait l’affaire. Dans ce cas, il faudrait envisager des mousses acoustiques afin d’effacer la réverbération, ce qui n’est pas nécessaire dans mon caisson puisqu’il est tout petit et très fourni en matériels et aménagements, sans parler de la moquette de luxe posée au sol qui absorbe toute réflexion du son.

Le caisson est aménagé en deux parties, la première permet d’accueillir et gérer tout ce qui attrait à la webradio. La seconde est dédiée à mes activités musicales et de montages.

Matériels


Après le lieu, le matériel. Le choix des équipements dépendra de vos exigences et de ce que vous souhaitez faire avec votre webradio.

  • Un onduleur : cet appareil est indispensable pour éviter les coupures et les surtensions de courant électrique.

  • Un serveur local : la machine qui permet de gérer la webradio. Un bon processeur et suffisamment d’espace sur le disque dur seront nécessaires. Je recommande un disque SSD pour de meilleures performances. Cette machine doit rester allumer H24 donc les composants doivent être solides.

  • Une console de mixage USB : la mienne comporte 20 pistes. Ce type d’appareil est à choisir en fonction d’un nombre de sources audio que vous allez vouloir y connecter. Dans mon cas, la configuration standard comporte 4 micros (mono), une entrée téléphone (mono), une entrée teamtalk (stéréo), une entrée « Boite à Son » (Stéréo), une entrée musique (stéréo).

  • 4 microphones et leur bonnette ainsi que leur pied de table, et 4 casques fermés.

  • Un dispatcher audio : cet appareil est indispensables pour répliquer le signal des casques. Cela permet aussi de régler chaque volume sonore de chaque casque de manière indépendante.

  • 4 mini-cartes son : le nombre de sorties dépend aussi de vos objectifs. Une carte pour le téléphone, une pour TeamTalk, une pour la boîte à son, une pour la synthèse vocale qui est redirigée directement vers le dispatcher audio. La carte son de l’ordinateur renvoie la musique de la webradio.

  • Un téléphone IP : celui-ci, couplé à un logiciel, fait office de standard.

  • Une plage braille : uniquement pour les déficients visuels. Dans mon cas, j’utilise la synthèse vocale pour gérer la Webradio, et la plage braille pour lire du texte que je dois lire à l’antenne.

  • Et pour finir, des câbles, et encore des câbles…

Infrastructure logiciel


Bon, là, on ne rigole plus. A mon sens, ce qu’il y a de plus compliqué dans la mise en place d’une webradio, c’est tout ce qui concerne l’aspect software.

  • Sam BroadCaster : ce logiciel permet à lui seul de gérer la diffusion de contenu de manière automatisée. Couplé à une base de donnée, ses capacités sont vraiment puissantes. De la lecture d’une playlist intelligente, jusqu’à l’intercalage précis de Jingles ou de top-horaires, en passant par la diffusion de chronique à une heure choisie. Avec Sam Broadcaster, vous pouvez partir en vacances, et s’il est bien réglé et programmé, alors votre webradio peut s’auto-gérer ! Je n’aborderai pas l’aspect programmation ici. Bien trop long, un article lui sera dédié plus tard. Sam Broadcaster permet aussi la prise de directe et la programmation manuelle de la diffusion du contenu. En bref, c’est un logiciel indispensable pour la gestion de petite radio locale ou de Webradio, à condition que votre machine locale fonctionne sur Microsoft.

  • SHOUTcast est le nom d’un protocole et d’un serveur de diffusion (ou Broadcasting en anglais) pour webradio ou webTV. Sans serveur de diffusion, vous ne pouvez pas mettre en place de Webradio. J’ai choisi Shoutcast pour sa simplicité de déploiement, mais il existe d’autres protocoles de diffusion comme Icecast… Si vous êtes connecté au réseau internet par la fibre, il suffit simplement d’installer une version de Shoutcast Server sur votre machine locale dédiée. Dans mon cas, étant équipé simplement du VDSL, le serveur Shoutcast est installé sur un serveur dédié appartenant à OVH. Ensuite, il suffit simplement de relier Sam BroadCaster et le serveur Shoutcast par un « Encoder ». Sam Broadcaster envoie le flux vers le serveur ShoutCast, tandis que vos auditeurs se connectent au serveur shoutcast.

    Shoutcast s’installe sur tous les systèmes d’exploitation. Dans mon cas, il est installé sur Debian9 (Linux).


  • Pour la téléphonie, j’utilise Asterisk. Bon, j’ai déjà fait un article là-dessus. Donc, je serai bref. Ce logiciel permet de gérer entres autres choses, le standard de la Webradio. Grâce à une ligne nationale SIP de OVH, les auditeurs peuvent appeler notre serveur vocal et accéder à :

    • Notre DVRGV Box qui n’est ni plus ni moins qu’une sorte de répondeur automatisé, vous laissez votre message, vous le réécoutez, vous le validez si il vous plaît ou vous le réenregistrez si vous préférez. Ensuite, une notification email est envoyée à une adresse e-mail pour m’informer d’un dépôt de message. Je récupère le message au format WAV, et je l’injecte sur la webradio à une heure définie.

    • Le standard téléphonique permet aux auditeurs de s’exprimer sur notre Webradio. Avant ça, je les reçois en privé, puis je les bascule soi vers une salle de conférence, soi vers un parking d’appel en attendant de les diffuser à l’antenne.

    • Notre ligne administrative donne l’occasion de recevoir les appelants hors webradio. D’ailleurs, cette ligne est basculée sur mon portable personnel, ce qui me permet d’être joint à n’importe quel instant.


  • Et Team Talk ? Tiens ! Celui-là aussi on le connait puisque j’ai déjà fait un article dessus. A condition d’avoir des personnes connectées avec de bons micros, cette interface permet de réaliser des conférences avec une bonne qualité sonore. Bien évidemment, si les participants ont des micros bas de gamme, alors la qualité du son en est altérée. Ce système a l’avantage de pouvoir réaliser des canaux de conférence en stéréo, ce qui offre de sacrées perspectives. Au sein de notre Webradio, je l’utilise pour permettre à des membres de l’association DVRGV de faire leur propre émission.

Infrastructure distante


Le serveur distant, dans mon cas, a une importance capitale puisque c’est le deuxième outil indispensable. Avec sa bande passante internet à large bande, il est au coeur de notre système. Il permet d’héberger le site internet, le serveur Shoutcast, le serveur Asterisk et le serveur TeamTalk. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai effectué une migration d’un serveur d’entrée de gamme chez OVH, vers un serveur Kimsufi haute gamme. Ce dernier est moins cher, mais offre des performances tout à fait acceptables pour ce qu’on lui demande de faire.
Bien évidemment, si vous avez une bande passante énorme, tous ces services peuvent être installés sur votre machine principale. Mais je déconseille fortement cette configuration.

Conclusion


Une webradio peut être très simple, et de ce fait nécessite une infrastructure beaucoup plus petite. Mais si vous souhaitez quelque chose de plus personnalisé, alors l’infrastructure doit être proportionnelle.

Je n’ai pas évoqué l’aspect contenu (musiques, chroniques, jingles), mais ça va sans dire qu’il vous faut une certaines médiathèque afin que votre programmation ne soit pas trop rébarbative. L’importance des tags de vos chansons est capitale car les règles de sélection de Sam Broadcaster utilisent ces informations. Si vos morceaux sont mal taggés, alors Sam Broadcaster pourrait ne pas fonctionner correctement.

Volontairement, je n’ai pas mis de photos, mais si vous souhaitez voir à quoi ressemble notre studio, je vous invite à consulter le projet de création de DVRGV Radio directement sur le site de l’association.

Dans un prochain article, nous évoquerons les branchements et les interconnexions de tout ce matériel et de tous ces logiciels. Un programme à vous faire mal à la tête 🙂

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